Des nouvelles de Roudoudou…

Publié le par onfray

Où l’on apprend que la vie continue malgré la publication de son opus majeur qui fait un flop…

Sourires radieux des éditions Grasset qui commentent les chiffres de l’opus majeur de Madame Roudinesco publié contre moi au Seuil, autrement dit chez son mari… La courbe est un cas d’école pour montrer aux élèves libraires ce qu’est une crêpe (pour rester dans la métaphore correcte…) qui s’écrase au sol à la vitesse grand « V » !

Nous voguons vers les 150.000 exemplaires du Crépuscule. Au total Madame Roudinesco aura vendu autant de livres que moi le seul premier jour de sa mise en vente…

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J’appreFranz-Olivier Giesbertnds également dans les couloirs de ma maison d’édition que Franz-Olivier Giesbert a été convoqué par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel pour n’avoir pas servi la soupe à la dame comme elle l’aurait souhaité et pour avoir fait son métier de journaliste qui a lu les livres dont il parle quand il l’a invitée sur son plateau « Vous aurez le dernier mot », une invitation, me dit-on également, quelque peu sollicitée par sa hiérarchie...

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Signalons en passant qu’invitée à France-Inter (Philippe Val est un ami de la dame, qui se ressemble s’assePhilippe-Val.jpgmble…) à l’émission de Nicolas Demorand, le futur ex présentateur de la matinale a fait savoir à l’antenne que j’avais étéNicolas-Demorand.jpg invité et que j’avais refusé de venir : je n’ai évidemment pas été invité à cette émission

Quelques amis qui ont essayé d’intervenir en faveur de mon travail ce matin-là ont été bloqués au standard… (A Libération et au Monde les responsables des pages débats connaissent la méthode).

Sur les ondes du service public, elle aura donc pu m’insulter royalement quarante minutes sans possibilité pour moi de répondre tout simplement parce qu’un livre écrit contre Freud est vécu et pensé par elle comme une attaque personnelle qui lui donnerait un droit de réponse - qu’on lui accorde !

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La dame s’était levée tôt d’autant que la veille, en vertu de la vieille loi éthologique selon laquelle on marque un territoire menacé avec son urine et ses matières fécales, elle avait tenu son conseil de guerre contre moi à l’Université de Caen avec un professeur de philosophie nommé Lelièvre (pour l’éthologie, c’est parfait !, précisons que ce grand homme à l’œuvre invisible est aussi subventionné par le Conseil Régional pour les activités de son inénarrable Société de philosophie bas normande - tudieu, quel talent !) et quelques universitaires en caricatures de leur fonction. On y a dit, tout en finesse et en dentelles, que j’étais un antisémite, un sous-marin de l’extrême droite, un compagnon de route du nazisme : génie de l’université française accouchant d’analyses aussi subtiles ! On mesure ce qui se nomme vérité et justice chez ces gens-là…

Ouest-France et la télévision régionale France 3, qui ont superbement ignoré cette année : mes 21 séances à l’université populaire sur Freud avec un public entre 800 et 1000 personnes chaque fois ; les 100.000 exemplaires vendus de mon livre en quatre semaines – de la part d’un Normand, voilà qui ne constitue pas une information ; l’avalanche de presse nationale et internationale sur ce sujet ; les articles parus dans la presse nationale, dont Libération et Le canard enchaîné, prouvant que Madame Roudinesco était intervenue au conseil régional pour s’étonner des subventions de la région à l’Up - cette presse régionale, donc, a finalement trouvé mon numéro de téléphone pour me demander ce que je pensais de la venue de Madame Roudinesco à Caen sous prétexte qu’elle m’aurait invité à venir et que je refusais le débat : or, Madame Roudinesco n’a pas daigné m’inviter à venir débattre

Ces deux médias régionaux lui ont déroulé un tapis rouge, bien sûr…

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Je n’arrête pas de répondre à des entretiens avec la presse. Celui-ci, pour la Presse Quotidienne Régionale :LeCrépusculeDuneIdole-copie-1

On a beaucoup entendu, lu de choses sur vous depuis la publication de ce qui a été la plupart du temps réduit à un "brûlot anti-Freud truffé d'erreurs"... Quel était votre objectif en écrivant ce livre ?

« Brûlot », drôle de mot en effet, mais la chose était déjà dite avec le choix d’un pareil registre : on a voulu transformer en pamphlet un livre qui cite abondamment ses sources, qui progresse sur le mode argumentatif, qui avance des faits répertoriés et vérifiables dans une épaisse bibliographie… Quant à « truffé d’erreurs », s’il y en avait eu autant, vous pensez bien que Madame Roudinesco, qui a fourni l’argumentaire à la milice freudienne, aurait fait un très gros livre pour les pointer ! Au lieu de cela elle a été obligée de mobiliser deux ou trois souffreteux du concept auxquels elle a fait emboucher la trompette de l’antisémitisme, de la réactivation des thèses de l’extrême droite, de la complicité avec le fascisme, etc,

J’ai juste voulu ajouter un volume à ma contre histoire de la philosophie – rien d’autre. C’était le tour de Freud, voilà tout. L’an prochain, je passe à autre chose.

La machine médiatique s'est même emballée par moment, à l'instar de cette diatribe très sévère d'Élisabeth Roudinesco à votre encontre dans Le Nouvel Observateur... Comment expliquez-vous un tel accueil du livre ?

J’ai tapé au portefeuille de la corporation qui n’aime pas beaucoup qu’on fasse savoir qu’à l’instar de leur maître elle gagne beaucoup d’argent en liquide qui échappe au fisc (Freud prenait 450 euros la séance et avait 8 patients par jour…), qu’elle ne guérit pas, qu’elle peut dormir pendant la séance (ce que Freud justifie et théorise en parlant d’« attention flottante »…) sans que l’analyse en soit affectée ! A leur place, je n’aurais pas non plus aimé qu’un livre démonte la légende avec laquelle je fais mon beurre…

On a été jusqu'à entendre des choses très graves, comme vous taxer d'antisémitisme... comment, humainement, avez-vous traversé cette période de turbulences, vous l'hédoniste revendiqué ?

Ce fut pitoyable de voir cette dame haineuse, méchante, menteuse, affabulatrice, vindicative, intrigante, conspiratrice, intervenant auprès du Conseil régional de Basse-Normandie pour que les subventions de l’Université Populaire soient supprimées, mentant éhontément pour dire que c’était faux malgré le blog du président de région qui confirmait et précisait les modalités de son intervention avec la complicité du sénateur socialiste Suard ! Ce livret haineux publié contre moi au Seuil, (que dirige son mari, bravo la déontologie !) écrit au venin et au fiel avec quelques affidés jubilant de connaître un jour, une fois, une heure, la consécration médiatique… de la télévision régionale, tout ça est risible… De plus, elle a fait la preuve que la psychanalyse ne soigne pas les pathologies les plus lourdes !

Pour ma part, ça va, j’arbore le sourire de qui sait avoir mis dans le mille…

L'être humain éprouve souvent le besoin de brûler les icônes qu'il a encensées... Le devoir de vérité exige-t-il que l'on démystifie à tout prix, question qui nous ferait un excellent sujet en ce jour de bac philo ?

Il y a deux sortes de philosophes : les producteurs de mythes et les destructeurs de mythes. Les premiers sont les amis des puissants, des prêtres de toutes les sectes. Les seconds sont les grands amoureux de la liberté. Chacun son côté de barricade…

Il n'empêche que cette surexposition n'a pas eu que des effets négatifs si l'on en juge au succès éditorial... Combien d'exemplaires ont été vendus ?

Nous voguons vers les 150.000 ! Merci Madame Roudinesco…

Si on se place au-dessus de la mêlée, on peut se dire aussi qu'un tel succès pour un sujet aussi pointu, entre philosophie, histoire et psychanalyse, offre quelque espoir en cette ère de téléréalité en prime-time sur TF1...

Les gens ne sont pas aussi abrutis que les abrutis le disent…

Et si vous aviez à réécrire cet ouvrage...

J’ajouterai une dédicace à Madame Roudinesco pour la remercier d’avoir été aussi mauvaise – précisons : une aussi mauvaise adversaire, car on pourrait se méprendre sur ma formule…

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M.Chéron 21/12/2015 10:57

Je ne peux que vous approuver Monsieur, faisant parti de ceux qui, comme vous, voyez les choses tels quelles sont et non pas comme certains voudrait qu'on le voit. Je suis comme vous, Normand et fier de l'être et qui plus est, rural, et là aussi, content de l'être, cependant, je souhaiterai vous voir pour en parler car je ne peux me résoudre à ce qui se prépare tranquillement, mais surement, soit la réélection de Hollande, c'est à dire la fin de l'identité Française et probablement le chaos dans notre beau pays
Il faut absolument que je vous voit Monsieur Onfray, car sans prétention aucune, si je suis la dernière personne que vous devez voir, faite-le, vous ne le regretterez pas
Merci de votre réponse
M.Chéron