Hécatombe sur le divan…

Publié le par onfray.over-blog.com

Où l’on apprend ce que j’ai en commun avec Adolf Hitler…

LeCrepusculeDuneIdole-copie-2.jpgLa parution de mon livre sur Freud, Le crépuscule d’une idole sous titré L’affabulation freudienne, fait du bruit dans le Landernau microscopique des chamanes au divan avant même d’être en librairie… Bien avant sa parution, fin novembre 2009, le lendemain de l’enterrement de mon père, nonobstant ma peine, j’honore un rendez-vous fixé de longue date avec Jacques-Alain Miller pour Philosophie Magazine.

Ouverture des hostilités avec le gendre de Lacan, donc, rompu aux manœuvres des sectes parisiennes, jadis maoïste, aujourd’hui dévot de beau-papa dont il distille la mémoire comme on compterait les gouttes de l’eau bénite rapportée de Lourdes. Toujours révolutionnaire, certes, mais avec un public qui tient dans une Fiat 500 garée à saint-Germain-des-Prés.

Dans un appartement parisien des plus chics, avec toiles de maître au mur, et œuvres d’art comme dans un musée, cigare à la bouche, il joue au gros chat qui va ne faire qu’une bouchée de la petite souris. Une longue créature tout de noire vêtue, bottes et jupe courte, est invitée pour assister à la mise à mort. Mines réjouies de Pygmalion et de sa créature.

L’homme célèbre en moi « le self-made man qui s’est fait tout seul au contraire de (lui) qui est un héritier ». Quelques minutes plus tard, il parle d’Hitler qui est… « un self made man » ! Je ne relève pas, la chose est filmée et enregistrée, elle milite contre lui… Ridicule…

Quelque temps plus tard, il m’explique que, juif, il n’a jamais pu apprendre l’allemand. Dont acte. Dans ces conditions, qui pourrait le lui reprocher ? pas moi… Je parle de l’ « attention flottante » un magnifique  concept élaboré par Freud en 1912 dans Conseils aux médecins sur le traitement analytique pour justifier que l’analyste puisse dormir (ce qui a été le cas de Freud) et que l’analyse ne s’en trouvera pas affectée puisque ce sont les inconscients qui communiquent.

Sursaut de JAM qui éructe, se fâche, m’agresse, revêt les habits du prof d’allemand qui m’explique que cette expression est une traduction fautive car elle rend mal l’allemand qui dit, qui dit, qui dit… Impossibilité pour le psychanalyste de formuler quoi que ce soit en allemand.. La caméra tourne… Ridicule une seconde fois.

Je garde mon calme, placide j’en remets même une couche dans le zen pour lui faire honte. Et ça marche… Il se calme, finit par s’excuser et me dit, texto, qu’il a été analysé, « mais probablement pas assez »… J’adore… Ridicule une troisième fois, je me doute qu’il me faudra payer un jour ces humiliations qu’il s’inflige à lui-même en présence de la créature de plus en plus enfoncée dans le fauteuil, comme avec le désir d’y disparaître.

Paumé, ayant perdu de sa superbe, incapable d’improviser, de débattre, d’écouter, mâchouillant son cigare comme beau-papa ou le chef de la secte viennoise, (on est disciple ou on ne l’est pas !) il sort un texte de sa poche intérieure de veste et lit les questions, monologue, s’enferre une fois de plus dans le ridicule. Il lit son papier comme un étudiant qui, vexé de ne pouvoir répondre à l’oral du bac, sortirait tout bêtement les antisèches de son veston sans s’apercevoir même qu’il se couvre de ridicule une troisième fois.

Quelque temps plus tard, l’esprit d’escalier aidant, la lettre du groupuscule lacanien m’est envoyée avec en couverture un bandeau rouge : « Lettre ouverte à Michel Onfray ». Trop tard… Il fallait y penser avant, quand j’étais là, en face, à même de répondre. Le fascicule (il ressemble au bulletin paroissial de mon enfance…) va directement de la boîte aux lettres à la poubelle. Ah oui : le papier est signé de la jeune dame qui est sortie de son fauteuil et a retrouvé ses esprits…

Le ridicule ne tuant pas, JAM m’annonce à le fin de l’entretien qu’il a créé une « Université Populaire Jacques Lacan ». Gageons qu’il s’est concerté avec Ségolène Royal pour cette OPA elle aussi ridicule... Les amis bénévoles des UP en France apprécieront… Déjà deux ou trois détrousseurs d’idées ont confisqué l’idée d’UP au Quai Branly un lieu alternatif de contre-culture et de domination au parisianisme culturel comme chacun sait…

JAM avait accepté un débat sur le plateau de Franz Olivier Giesbert, Vous aurez le dernier mot. Il vient de se décommander et envoie la longue dame noire… Courageux, mais pas téméraire. Plus facile d’ironiser laborieusement crispé des heures sur son stylo pour accoucher d’un bon mot publié un mois plus tard par les amis du réseau parisien dans la presse où traîne toujours un ancien mao reconverti au libéralisme faisant l’aumône aux vieux lions dépoilus d’un peu de fourrage…

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