L’inquisition post-moderne

Publié le par onfray.over-blog.com

giordano brunoOù l’on apprend qu’avoir été formé au PCF dans les années 50 laisse des traces…

La semaine dernière, le Sénateur socialiste du Loiret Jean Pierre Sueur est intervenu personnellement par téléphone auprès du directeur de caInquisition.jpgbinet de la culture au Conseil régional de Basse-Normandie en invitant le Président de la Région Laurent Beauvais à se mettre en rapport avec Elisabeth Roudinesco. Pour ce faire, il lui donnait son numéro de téléphone portable.

Si l’on navigue sur son site, un genre de monument à la gloire de l’élu, on peut lire en ouverture : « Il n’y a pas de vraie démocratie sans dialogue »… Suivent des textes dont un renvoie à mon livre. Le sénateur défend « son amie Elisabeth Roudinesco » - avec les arguments désormais bien connus de la dame… link

Renseignements pris, le sénateur et son amie effectuent des manœuvres d’approche fort habiles pour faire de telle sorte que soit coupée la subvention allouée par le Conseil régional de Basse-Normandie à l’Université Populaire de Caen. Cette subvention permet de rembourser les frais de l’équipe de dix-sept enseignants bénévoles (j’insiste : bénévoles…) qui dispensent leurs cours dont… un enseignement de psychanalyse, à ma demande, assuré par Myriam Illouz.

Contrairement à monsieur le sénateur et à ma madame la psychanalyste, (tellement pacifiée par son analyse qu’elle ignore désormais la haine, les bassesses, les manœuvres et les insultes…), je crois, pour ma part, aux vertus du dialogue. Voilà pourquoi à l’UP, on peut se faire un avis par soi-même en assistant à un séminaire critique sur Freud, le mien, et à un autre séminaire donné par une psychanalyste praticienne qui défend la discipline.

Après conversation de la dame avec le président de région, elle a fait savoir qu’elle préparait un livre contre moi avec des professeurs de Caen. Probablement ce qu’on appelle le dialogue chez les freudieinquisition-goyans, les psychanalystes et les défenseurs de la discipline…

Jadis, on m’aurait envoyé au bûcher, sous le couteau de la guillotine, dans un camp de concentration, sinon dans un Goulag. Aujourd’hui, on se contente de faire tourner sa haine sur la planète entière via le net et on inonde le papier journal d’une inépuisable haine. Madame Roudinesco guérie par le divan ? Plus personne ne pourra désormais croire à cette baliverne. Elle offre elle-même la preuve que la psychanalyse ne soigne pas les pathologies les plus lourdes…

Qu’on me permette de donner raison à Freud, une fois n’est pas coutume. Dans L’analyse avec fin et l’analyse sans fin il écrivait  : « Les analystes n’ont pas complètement atteint, dans leur propre personnalité, le degré de normalité psychique auquel ils veulent faire accéder leur patient » - page 263 de l’édition des PUF… Il savait , en effet, de quoi il parlait…

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