Ni ce soir, mais jamais…

Publié le par onfray.over-blog.com

Où l’on apprend que les intrigants, menteurs, insulteurs, veulent « débattre »

J’avais été invité par l’excellent Frédéric Taddéï pour un débat comme il sait en faire dans son émission Ce soir ou jamais qui est un authentique salon littéraire comme il en existait au bon temps du XVIII° siècle des Lumières. J’ai juste émis une réserve : ne pas débattre avec des gens qui m’ont traité à longueur de journaux de nazi, de fasciste, d’antisémite, avec les personnes qui ont attaqué ma vie privée, mes parents, mon enfance, à des individus qui n’ont pas hésité à recourir aux attaques ad hominem et qui ont superbement ignoré mon livre, les thèses que j’y développe, les faits que j’avance pour étayer ma théorie, en se contentant de l’habituelle litanie ressentimenteuse.

Il est drôle que la petite rumeur de la boutique freudienne de Paris fasse courir le bruCe-Soir-ou-Jamais-logoit que je refuserais de débattre avec des gens qui ne pensent pas comme moi : pour Lire j’ai débattu avec Alain de Mijola, psychanalyste, que j’ai rencontré ensuite sur le plateau de La grande Librairie de François Busnel avec Anne Millet, une autre psychanalyste. J’ai débattu avec Jacques-Alain Miller, psychanalyste, pour la revue Philosophie Magazine. J’ai débattu, du moins disons-le ainsi, avec Gérard Miller, psychanalyste, aussi, parfois, de temps en temps, pour Le grand Journal de Canal +. J’ai débattu avec Boris Cyrulnik, psychanalyste, et Clotilde Leguil, psychanalyste, à l’invitation de Franz-Olivier Giesbert pour l’émission Vous aurez le dernier mot. J’ai débattu avec Philippe Grimbert, psychanalyste lacanien, pour le journal Elle. Je devais débattre avec Julia Kristeva, psychanalyste, qui en avait accepté le principe, (mais elle s’est débinée la veille…) pour Le Nouvel Observateur, un entretien qui aurait dû être retransmis sur France-Culture. J’ai débattu avec Samuel Lézé, sociologue de la psychanalyse, pour « Du grain à moudre » à France-Culture. J’ai même débattu, à l’insu de mon plein gré, au journal du soir de France 2, qui, sans m’en avoir averti bien sûr, nonobstant toute déontologie, a fait réagir un psychanalyste à ce que je disais pour son montage, bel exemple du pouvoir des journalistes… Pour quelqu’un qui refuse le débat, on a vu pire : en deux mois, j’ai dû manger la soupe avec une longue cuiller en compagnie de presque tout le potage freudien français…

Pour le reste, j’ai refusé tout débat avec Elisabeth Roudinesco – est-il besoin de préciser pourquoi maintenant qu’on connaît un peu les méthodes de la dame…

Revenons à Frédéric Taddéï : on lui a reproché de faire un plateau à ma main. Il était juste question d’équilibrer avec, à parts égales, des psychanalystes qui ne m’ont pas insulté et que je n’aurais pas déjà rencontré – car je commence à avoir la nausée d’avoir dû si souvent défendre l’histoire à part égale avec les vendeurs de légende freudienne. J’avais redonné les noms de Patrick Grimbert, d’Anne Millet et Alain de Mijola, courtois, polis et capables de débattre vraiment, puis donné mon accord pour Jean-Bertrand Pontalis, un sage capable d’un débat digne de ce nom.

On m’a avancé des patronymes inconnus, mais qui ont obtenu leur heure de gloire grâce à Libération qui a une singulièrFrédéric Taddeïe conception du débat démocratique : un texte de moi nouvellement titré sans mon accord Oui, Freud avait un goût pour le fascisme que l’on présente comme une réponse à mes détracteurs, alors que j’ignorais le contenu de leurs textes publiés dans la même page : un obscur sabir, comme d’habitude, de Badiou, Nancy, Balibar, Deguy, (se mettre à quatre pour accoucher aux forceps d’un pareil articulet, quelles petites santés !) flanqué de deux textes, puis le lendemain, deux autres textes, soit huit signatures contre, une pour… Désormais, le responsable des pages « Rebonds » aura du mal à se présenter comme un grand démocrate…

On m’a soumis d’autres personnes – un jeune journaliste philosophique dans le vent, un obscur fielleux chrétien qui s’est pris pour Léon Bloy en brandissant une plume tout juste bonne pour le bulletin paroissial, et puis deux ou trois psychopathes présentés habituellement comme psychothérapeutes déjà boxés ailleurs…

Vint alors le nom de Daniel Sibony qui avait l’avantage de m’avoir craché dessus très tôt, dès 1992 : il avait pour lui l’ancienneté de la haine… J’ai donc décliné. Comme il ignore l’honneur, il m’a envoyé un mail pour me demander de revenir sur ma décision et le faire inviter (!) sur le plateau ; comme il flatte à la manière d’un renard qui n’aurait jamais lu La Fontaine, il m’a fait savoir, suffisant, que Levinas était déjà revenu une fois sur ce qu’il avait dit le concernant, il pensait donc que je me ferai lévinassien pour l’occasion, c’est mal me connaître ; comme il croit avoir lu Nietzsche et qu’il m’imagine nietzschéen comme si j’avais lu l’auteur du Zarathoustra à sa manière, il m’aCeSoirOuJamais.jpg écrit que, moi qui devrais aimer « vivre dangereusement », je devrais tout de même accepter la confrontation : je lui ai répondu : « pour le nietzschéen que je suis, vivre dangereusement suppose que je choisisse mes dangers : excusez moi, mais vous n'en êtes pas un… ». Je n’aurais pas eu la cruauté pour ce monsieur de rendre la partie la plus honorable de son mail public si, avec quelques autres de la milice freudienne, il ne se répandait un peu partout en disant que j’ai peur de le rencontrer et que Frédéric Taddéï constituait « un plateau à ma gloire »…

Frédéric Taddéï m’a demandé d’accepter Sibony tout de même car il entendait dire autour de lui que sa réputation, justifiée, d’impartialité en prenait un coup. J’ai souhaité couper court à tout ce cirque en évitant de le mettre dans l’embarras : j’ai donc annulé ma participation à cette émission qui est le forum intellectuel du service public et qui mérite son animateur que je ne voulais pas salir avec la boue que les autres m’envoient. J’ai ma conscience pour moi, le reste importe peu…

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André 18/03/2016 21:01

Onfray a vraiment la grosse tête. Pourtant il me suffit de lire les titres grandiloquents et ridicules de ses livres pour éclater de rire.

Bernard GSELL 04/09/2015 22:03

Je suis atterré qu'il n'y ait plus la seule émission de télé que je regardais, "ce soir ou jamais" et en même temps j'ai toujours aimé Michel ONFRAY: désolant